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15 Mars 2017
Me voici plus sourd que malchanceux, le doigt sur la gâchette et la tête dans la lune pleine. Pélerinages bleus, armures rouillées au grand vent de la route où les coquillages vomissent tous les anachronismes supposés, réduits éternellement à leur propre reproduction. Il y a longtemps que la montgolfière n'a plus touché terre. Ca va, là haut ? C'est son sort et c'est peut-être son lot, tout comme la ronde des enfants terrorise sans doute le loup-cervier aux aguets, dans la neige jusqu'au col. Pourquoi la montagne est-elle sempiternellement pareille à elle-même, fidèle quoi ? J'ai rangé mon beretta ce matin justement, puisque je n'ai plus peur de rien, je n'en avais définitivement plus l'utilité. Du reste je ne goûte plus que l'amère et définitive gratuité dans le vent. Le pêcheur tombe à l'eau. On voit flotter son chapeau et son chien ne geint même pas. On est bien peu de chose. Tout le monde s'en fout, même les cathédrales de seconde main. Bonheurs en coup de coeur ? Tu me fais rire, le coup n'est jamais celui du coeur puisque le coeur n'est pas un coup, tu le sais depuis toujours, te chuchotait Apollinaire, le grand blessé de la guerre, non pas du coeur. Coincé dans l'encoignure d'acajou tu comptes les points et le temps qui reste. J'ai erré moi aussi tout content, tout mon soûl, tout mon comptant, les contrôleurs me laissaient toujours passer sans vérifier, non, rien de rien. En lambeaux, mon poème à bout de souffle s'est envolé. La montgolfière l'a récupéré in extremis. Comment la remercier ? Comment encore chanter ? 3 ! 4 ! It's all man !
© dominique ottavi. Tous droits réservés.