Ma tourterelle, ma ritournelle, ma tristesse enfuie, ma comptine déconfite, je t’accueille en ma chaumine et décide que la vie est jolie. Comme tes yeux. A ma droite, il y a du chamboulement, les mottes de terre s’effritent et la colère est mauvaise conseillère. J’en redemande de cette force-là, irrépressible. Chaque fois que j’entends tousser je pense aux courses en montagne quand l’air est si pur qu’il vous flanque une toux d’un autre monde. Elle fait du bien à l’âme. Comme je voudrais que cet instant dure longtemps, que plus personne ne soit triste et que la gaieté envahisse l’escadron. Quand tu sauras lire dans les yeux du chat en comprenant ce qu’il cherche à te dire, tu auras gagné la partie de la vie. Mon cœur est à la cave, il va remonter ce qu’il faut pour le dîner et nous le partagerons, de bon cœur forcément. Quelqu’un chante par-dessus les toits de la ville et la mer écoute, pensive. Les barques bleues ont l’âme solide et je connais des gens heureux qui n’ont pas de valise. A minuit je reviendrai, je te dirai ce que tu attends que je te dise et les ânes viendront te lécher les mains. Comme elle est douce, cette nuit blanche. L’insomnie n’est plus mon ennemie. Surtout ne pas réfléchir, puisque ma vie est une longue suite de nuits, où la poésie me visite et me confie mes plus secrètes pensées : fais-en bon usage, je t’en supplie, je te donnerai des provisions pour la route et le chemin sera tracé à ton attention, tu ne pourras pas te perdre, je serai là, je te le promets, pour longtemps, et pour après. Demain est un jour neuf et le passé n’est que cette collection d’images comme les rushes d’un film qu’on n’a pas montés. Tu vois comme c’est simple d’écrire sans y penser.
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