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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 15:55

« Il y a vingt ans, chez le luthier Ugo Casalonga à Pigna, a lieu ma première rencontre avec A Cetera. Dans la foulée Mathieu Luzi m’offre le 33 tours de Migheli Raffaelli enregistré en 1983. Ma musique s’en trouve complètement métamorphosée, et mon chant, et mes compositions, et mon écriture… Comme si, A Cetera et Migheli m’avaient ouvert la porte d’un monde profondément enfoui, mais bien présent, dont il me restait et reste encore à faire pour mon compte l’exploration. Je leur en suis profondément reconnaissant et voulais depuis longtemps m’acquitter de cette « dette » ; j’ai proposé à amapola de produire le réenregistrement du disque de 1983 pour le mettre à la disposition de tous sous forme de CD (le 30cms étant, depuis belle lurette, épuisé).
Dès les premiers essais en studio, cette entreprise nous est apparue vaine : à quoi bon réenregistrer ces pièces, dont l’aboutissement dès l’origine fut tel, qu’instantanément, elles prirent leur place, souveraine, dans le patrimoine culturel et musical de l’île ? Il nous parut plus intéressant de les remixer, remasteriser, avec les moyens numériques dont nous disposons maintenant et de les republier tels quels. Migheli dit : « A l’époque, après avoir parcouru les tablatures retrouvées d’Allegrini, je me suis dit qu’il fallait établir une littérature actuelle pour l’instrument, qu’il me fallait écrire ce que la pratique de l’instrument m’avait donné envie d’entendre. Ensuite, s’est posée la question de l’ « accompagnement ». La polyphonie régnait alors en maître. La tradition monodique du sud de l’île, superbement incarnée par Mighela Cesari rencontrée en 1988, provoquait à recopier ce que faisaient les violonneux ou les guitaristes, mais a cetara ne s’y prêtait nullement. J’ai donc cherché dans la tradition moyenâgeuse, et puis j’ai écouté attentivement ce que faisaient les formations roumaines ou bulgares. Au même moment nous commencions à publier le répertoire traditionnel en compagnie de Ghjermana de Zerbi. Il a fallu tout inventer : le chant monodique accompagné par a cetara… Cela a donné le 1er disque avec Mighela : » U Cantu Profundu », pour lesquels j’ai fait les arrangements pour de nombreux instruments, sauf un morceau, accompagné à la cetara seule : « Miseria Corsa ». Puis 4 CD sont nés, voix et cetara seules jusqu’en 2007. Une tradition était née de chants traditionnels accompagnés à la cetara seule. » Aujourd’hui, après tout ce parcours, j’ai voulu revenir à la cetara seule avec, d’autres créations, d’aujourd’hui cette fois, 25 ans après, aptes à rendre compte du long parcours de Migheli avec l’instrument.
Voici donc « I Canti Sparulati ».
Je suis très fier d’en avoir été la cheville ouvrière. »
Dominique Ottavi

• 2 textes de Rinatu Coti
• Une phrase de Nando Acquaviva et Toni Casalonga
Migheli Raffaelli : cetara
Dominique Ottavi : tampura, réalisation, photos
Yann Even : prise de son, mixage
Sylvie Her Salini : graphiste
Patricia Antona et ? : photos
Rinatu Coti : textes
Enregistré dans les conditions du direct au studio made in casa ajaccio octobre 2007

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